03 avril 2007
Geert Verbeke : vers libre
La seule chose à ne pas
oublier, c'est l'esprit de l'haïku: si votre haïku est efficace avec un appel
direct à l'émotion, mais qu'il fait 10 ou 13 syllabes, et bien pourquoi pas? Le
format des trois lignes arrangées en 5-7-5 n’est plus obligatoire mais un guide.
On peut jongler avec l'ordre des mots, le nombre des syllabes et la longueur des
lignes. La règle syllabique n'est plus stricte, fini de stigmatiser le vers
libre. Des rimes voulues sont considérées "de trop". Ils ont pour sujet des
situations dans la nature et emploient traditionnellement un mot qui suggère la
saison (kigo), c'est à dire un mot qui fait allusion à la saison, ce qui relie
le haïku à la nature.
Autre règle : pas de métaphore! Le haïku doit emmener au
pays des songes, par l'évocation de la réalité, sans s'encombrer d'images plus
ou moins fumeuses. Il signale un instant particulier et authentique, à nous de
le revivre. Le haïku est en même temps le miroir de l'intemporel et exige
profondeur sinon spiritualité.
Je suis 100% d'accord que nous devons favoriser le haïku vivant et non pas la vénération de poussière ancienne...
Le vrai haïkiste ne tient pas une boutique d'antiquités!
Geert Verbeke
Commentaires
Si vous voulez
Bonjour,
Je respecte tout à fait votre point de vue, mais il est un fait sur lequel tout Japonais ne flanchira pas : c'est sa forme même qui définit le haïku, de même qu'un alexandrin n'est pas un s'il est composé de vers de plus de 12 pieds... Par ailleurs, vous affirmez que respecter le rythme original du haïku revient à vénérer la poussière... D'accord, mais dans ce cas, pourquoi prônez-vous l'interdiction de la métaphore ? Pour quelle raison le respect du rythme serait-il moins acceptable que celui de la métaphore ? Vous écrivez des poèmes libres et courts inspirés du haïku, et c'est très bien comme ça ! Mais pourquoi vilipender ceux qui veulent composer des haiku dans le respect de la forme qui le définit ?
Si je vous présente ce poème comme un ALEXANDRIN, ne voyez-vous pas comme un problème ?
Pluie de janvier
Sur les doigts de mes élèves
Jus de clémentine
Eh oui, vous n'admettrez jamais qu'il s'agit d'un alexandrin...
Je suis le premier à dire que l'on peut se permettre des écarts dans la métrique du haïku, mais si vous voulez une preuve parlante, postez ce poème sur un site de haïku japonais et soulignez qu'il s'agit bien d'un haïku :
Pluie
Doigts d'élèves
Clémentines
Vous verrez la réaction des Japonais ! Ce sont pourtant eux qui ont inventé ce genre poétique...
Bonne continuation.
HDC
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