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Jean-Paul Court, Grabellois d'origine,
fervent admirateur de Joseph  Delteil
qu'il a connu quand il avait dix ans et passeur de son oeuvre
depuis plus de vingt cinq ans écrit
dans son témoignage intitulé "en  passant par la Delteilherie" :


" La campagne de mon père jouxtant la Tuilerie de Massane,
Delteil 
était devenu tout naturellement
le voisin et ami de notre famille.
Je 
le voyais souvent deviser avec mon père
surtout pendant la période 
hivernale
car Joseph pratiquait la taille de ses vignes en 

interrogeant mon père sur les différentes façons culturales...

...Le jeudi suivant la leçon de récitations
"le dénicheur d'oiseaux" 

de Delteil, j'allais dire bonjour à Monsieur Delteil... Après un 
rapide bonjour -il était au milieu de sa vigne - je lui récitais 
fièrement mon texte selon les conseils de mon instituteur. Quel 
souvenir inoubliable ! Delteil se redresse brusquement,

son visage  est lumineux,

sa voix d'une extrême douceur :

"Monsieur Don Juan, me  dit-il,
vous me faites vraiment plaisir, transmettez toute mon amitié 
à votre instituteur dévoué... "


Jean-Paul Court connait un très grand nombre de textes Delteiliens 
qu'il offre à qui veut les entendre.
Il vient récemment de créer un 
diaporama,
chanté et commenté

qui est une entrée excellente dans l'oeuvre du poète.

***

Le dénicheur d'oiseaux :

  "La pie niche à la fine pointe du peuplier d'italie, le plus gracile 
des arbres et le plus élégant, mais l'un des plus inaccessibles.
Tout 
là-haut, bercé par la moindre brise,
un entrelacs de branchettes 
supporte une conque de crin.
Longtemps, brindille à brindille mâle
et 
femelle échaffaudent leur chef d'oeuvre.
Puis elle y pond des œufs
étonnants aigue marine,
tout piqués d'or. Qu'elle couve ailes et queue.

A l'affût dans le taillis, les garnements du village surveillent 
l'opération. L'oeil au vent car rien de plus malin que dame pie en 
ces circonstances-là. Un beau matin les petits sont éclos, à preuve: 
leur fiente qui balafre l'arbre. La maman tout le jour leur porte 
vers à tirelarigot. Attention, cela croît comme un champignon, il 
suffit d'une chaude soirée pour que tout s'envole au ciel. Mais les 
gamins sont un peu là. Ils tiennent conciliabule, supputant l'aile 
des oisillons. C'est si haut dans l'azur, un nid de pie, pour des 
yeux de dix ou douze ans ! Enfin l'heure est venue,
le plus brave se 
décide,

c'est Juan..."

***


Si vous voulez aller plus loin,
jusqu'au sommet de l'arbre et revenir 

"avec un fourmillement de vie dans l'âme"
lisez donc Saint Don Juan 
de Delteil.
Je me souviens avoir pleuré en lisant ce livre.


Philippe Quinta