21 juin 2007
Les "Etats Régionaux du Handicap"/4
***
Le handicap pour moi qui ai grandi avec, depuis l’age de huit mois, est un état comme un autre avec lequel j’ai appris à vivre, ou plutôt avec lequel ma personnalité s’est tout naturellement développée en dépassant les moins et s’appuyant sur les plus, comme tout organisme ou tout être vivant s’adapte simplement à quelque donnée biologique.
Ce qui veux dire pour moi que depuis tout jeune le handicap n’a jamais nourri le sens de mon identité profonde ; il exprime juste dans la forme une différence.
L’enfant que j’étais n’aurais jamais souffert de cette différence si sa mère déjà n’en avais nourri quelque peine, et si le regard de l’autre épris de pitié malsaine n’avait projeté hypocritement sur lui toute son angoisse et sa peur de devoir vivre peut-être un jour la même chose, qu’il croit forcément source de malheur et de souffrance extrême.
Le handicap n’est qu’un concept qui perd de suite toute sa substance quand on se retrouve seul face à soi-même ; on sait qu’on peut faire ceci ou cela, qu’on ne pourra sans aide faire cela ou encore ceci, soit. On s’adapte tout simplement à cette situation sans la qualifier.
La chenille
ne pense jamais qu’elle est handicapée en voyant le papillon ;
elle se vit chenille.
C’est dans la relation à l’autre que la notion identitaire d’handicapé prend naissance.
On est toujours l’handicapé de l’autre. Ou plutôt, le regard de l’autre si on le fait sien et s’en laisse conter peut vite nous emprisonner dans cette croyance identitaire.
Face à ces regards miséricordieux et à ces tentatives inconscientes d’emprisonnement, ma soif de liberté nourri du sens intuitif de qui je suis s’est alors durant les années de mon adolescence souvent exprimé sous forme de révolte pour déchirer l’habit dont on voulais m’affubler.
En vivant avec mes amis qui ne me voyaient pas handicapé j’oubliais totalement mon handicap.
Sauf lorsque je rencontrais dans la rue une autre personne en fauteuil roulant ; la vision de son image faisant alors miroir à la mienne me rappelait cet état que je faisais mine de ne pas voir. L’image corporelle qui m’était renvoyée n’était pas encore totalement accueillie.
C’est alors plus tard que j’ai réalisé que le regard de l’autre me renvoyait tout simplement au mien qui, au-delà de l’acceptation acquise des inconvénients fonctionnels du handicap, n’était pas toujours bienveillant vis-à-vis de cette image.
Comment ce regard facilement séduit par l’esthétique des corps pouvait-il accueillir cette image différente ?
Mais oui, … en partant du cœur !
C’est le regard du cœur qui permet à une mère au-delà des apparences d’aimer son enfant. C’est le regard du cœur qui alors me montre la beauté des êtres et du monde au-delà des formes. Le regard que je porte sur le monde fait le monde tel que je le vois.
Être, amour, juste un oui à la vie !
Avec mes pensées chaleureuses.
Gerard Puech
En fait à ce jour je n'ai pas
d'activité sociale.
Durant quinze ans j'ai été très investi
dans le milieu associatif.
J'ai fondé et animé-géré dix ans le SEL
de Grenoble, milité pour La NEF
en tant que correspondant sur Grenoble
durant huit ans, et participé comme
administrateur à de nombreuses
associations œuvrant
pour la défense de l'environnement et le
social.
Suite à un coup de fatigue,
depuis deux
ans j'observe un temps de repos et
de retour vers soi.
Je me suis délibérément
mis en vacance de toute activité militante,
associative ou
sociale par besoin,
je ne sais pour
combien de temps, de temps d'inactivité totale,
de tranquillité et
parfois de solitude pour observer le silence et goûter à la paix.
Je me suis donc retiré
d'une certaine agitation sociale pour ne plus être sous la dictature du " faire"
et être libre
d'accueillir ce qui Est.
Pour l'heure j'organise de temps en
temps chez moi, grâce à l'achat d'un vidéoprojecteur,
des soirées très conviviales de
cinéma-repas-partage.
De tout cœur,
Gérard
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