18 juin 2007
Les "Etats Régionaux du Handicap"/1
Tout à fait dans cet esprit
je vous recommande le beau partage
de notre Amie Amel dédié à Monia.
19 juin 2007
Les "Etats Régionaux du Handicap"/2
*
Foyer en fête -
main dans la main, le
malade
et son
assistant
*
Elle veut
savoir
à quelle heure
précise
se font chaque
chose
*
Ses yeux
vides
et son sourire si
tendre -
Il parle
peu
*
Entre ses doigts
des cuillères en
plastique
qu'elle
croise
*
Présentation
-
Il répond à ma main
tendue
par un poing
fermé
*
Ses mots en cascade-
Parlant de sa mère
morte
elle
ralentit
*
Il lance la boule
ignorant où se trouve
le cochonnet
*
Moment des adieux
-
Pour rendre le plat, il
jette
les parts du
gâteau
*
Il rit
les yeux tournés vers le ciel
en chantant
*
Philippe Quinta : La lune est haute
20 juin 2007
Les "Etats Régionaux du Handicap"/3
passage piétons -
une petite trisomique
me sourit
Damien Gabriels : Haïkus au fil des jours
Pour moi, aveugle,
s'avouer handicapé PROVIENT forcément
d'une complicité
désolante entre celui qui a les yeux morts,
qui est paralysé,etc,
et celui
qui est en relation avec lui.
C'est en effet le regard de jugement,
jugement né de la peur de la différence,
qui peut créer et renforcer la
notion identitaire del'handicapé,
mais uniquement si celui-ci refuse son
autreté et s'identifie à
ce que l'autre lui projette dessus.
Pour
faire court
j'écrirai que l'acte de courage le plus humble
et le
plus vaillant est signé par l'homme,
quelque soit sa forme, sa couleur,
ses différences, qui ose être ce qu'il est,
sans plus se comparer aux
autres.
Etre aveugle , paralysé, prétendument normal,
ce n'est jamais
facile, non
pas parce que nous sommes ceci ou cela,
mais parce que
nous nous voulons autre.
Ce n'est évidemment pas notre différence qui
doit changer mais le regard que
nous portons sur nous.
D'accord si
vous me donnez la vue, je l'accepterai également autant que
j'accepte d'en
être privé.
Le seul handicap auquel je crois, c'est le manque d'amour,
source amère et
créatrice du refus et de la peur.
Jean-Pierre Brouillaud
C'est toujours un grand bonheur d'accueillir Jean-Pierre : voir lundi 11 juin .
21 juin 2007
Les "Etats Régionaux du Handicap"/4
***
Le handicap pour moi qui ai grandi avec, depuis l’age de huit mois, est un état comme un autre avec lequel j’ai appris à vivre, ou plutôt avec lequel ma personnalité s’est tout naturellement développée en dépassant les moins et s’appuyant sur les plus, comme tout organisme ou tout être vivant s’adapte simplement à quelque donnée biologique.
Ce qui veux dire pour moi que depuis tout jeune le handicap n’a jamais nourri le sens de mon identité profonde ; il exprime juste dans la forme une différence.
L’enfant que j’étais n’aurais jamais souffert de cette différence si sa mère déjà n’en avais nourri quelque peine, et si le regard de l’autre épris de pitié malsaine n’avait projeté hypocritement sur lui toute son angoisse et sa peur de devoir vivre peut-être un jour la même chose, qu’il croit forcément source de malheur et de souffrance extrême.
Le handicap n’est qu’un concept qui perd de suite toute sa substance quand on se retrouve seul face à soi-même ; on sait qu’on peut faire ceci ou cela, qu’on ne pourra sans aide faire cela ou encore ceci, soit. On s’adapte tout simplement à cette situation sans la qualifier.
La chenille
ne pense jamais qu’elle est handicapée en voyant le papillon ;
elle se vit chenille.
C’est dans la relation à l’autre que la notion identitaire d’handicapé prend naissance.
On est toujours l’handicapé de l’autre. Ou plutôt, le regard de l’autre si on le fait sien et s’en laisse conter peut vite nous emprisonner dans cette croyance identitaire.
Face à ces regards miséricordieux et à ces tentatives inconscientes d’emprisonnement, ma soif de liberté nourri du sens intuitif de qui je suis s’est alors durant les années de mon adolescence souvent exprimé sous forme de révolte pour déchirer l’habit dont on voulais m’affubler.
En vivant avec mes amis qui ne me voyaient pas handicapé j’oubliais totalement mon handicap.
Sauf lorsque je rencontrais dans la rue une autre personne en fauteuil roulant ; la vision de son image faisant alors miroir à la mienne me rappelait cet état que je faisais mine de ne pas voir. L’image corporelle qui m’était renvoyée n’était pas encore totalement accueillie.
C’est alors plus tard que j’ai réalisé que le regard de l’autre me renvoyait tout simplement au mien qui, au-delà de l’acceptation acquise des inconvénients fonctionnels du handicap, n’était pas toujours bienveillant vis-à-vis de cette image.
Comment ce regard facilement séduit par l’esthétique des corps pouvait-il accueillir cette image différente ?
Mais oui, … en partant du cœur !
C’est le regard du cœur qui permet à une mère au-delà des apparences d’aimer son enfant. C’est le regard du cœur qui alors me montre la beauté des êtres et du monde au-delà des formes. Le regard que je porte sur le monde fait le monde tel que je le vois.
Être, amour, juste un oui à la vie !
Avec mes pensées chaleureuses.
Gerard Puech
En fait à ce jour je n'ai pas
d'activité sociale.
Durant quinze ans j'ai été très investi
dans le milieu associatif.
J'ai fondé et animé-géré dix ans le SEL
de Grenoble, milité pour La NEF
en tant que correspondant sur Grenoble
durant huit ans, et participé comme
administrateur à de nombreuses
associations œuvrant
pour la défense de l'environnement et le
social.
Suite à un coup de fatigue,
depuis deux
ans j'observe un temps de repos et
de retour vers soi.
Je me suis délibérément
mis en vacance de toute activité militante,
associative ou
sociale par besoin,
je ne sais pour
combien de temps, de temps d'inactivité totale,
de tranquillité et
parfois de solitude pour observer le silence et goûter à la paix.
Je me suis donc retiré
d'une certaine agitation sociale pour ne plus être sous la dictature du " faire"
et être libre
d'accueillir ce qui Est.
Pour l'heure j'organise de temps en
temps chez moi, grâce à l'achat d'un vidéoprojecteur,
des soirées très conviviales de
cinéma-repas-partage.
De tout cœur,
Gérard
*
22 juin 2007
Les"Etats Régionaux du Handicap"/5
***
Il y a peu près 12 ans qu'à eu lieu ma première rencontre
avec des handicapés mentales et/ou physiques,
avant cela ce n'était que des mots et il faut bien le dire
un peu d'inquiétude, de peur...
Cette rencontre je l'ai faite dans le cadre de l'Arche de Jean Vannier,
institution médico-sociale mais aussi communauté de vie
tournées vers les personnes handicapées.
Je suis donc arrivé pour vivre en foyer avec ces personnes.
J'étais venu pour aider, être utile, être au service...
elles m'ont fait découvrir durant mes cinq années de vie de foyer
que je recevais beaucoup plus que je donnais.
Elles m'ont révélé à moi-même comme seules
les personnes handicapées savent le faire.
Je suis arrivée pleine de bonnes intentions.
Elles ont changé mon regard sur elle, sur le monde,
sur moi-même, bref se sont elles qui m'ont apporté
quelque chose d'essentiel.
Mais cela n'a pu se faire que grâce à d'autres
qui comme moi sont venus pour donner et ont permis
( en acceptant de vivre avec des pesonnes handicapées )
de changer leur propre regard, de donner ce qu'elles ont à donner.
C'est une relation vivante, un échange permanent
ou mieux une découverte de l'autre...où chacun aide l'autre à grandir.
Voilà je travaille toujours à l'Arche.
Aujourd'hui je ne suis plus en foyer.
Je partage mon temps entre le Centre d'activité de jour
et ma propre famille.
Nadia
Quinta : L'Arche en France
23 juin 2007
Les "Etats Régionaux du Handicap"/6
" Le corps un outil précieux pour dépasser son handicap " *** La danse, une activité créative ou d’expression, amène à une autre image de la personne, à la découverte de l’autre, de ses différences, de ses potentialités créatives, de sa complémentarité. L’aspect créatif et le jeu, propices au partage font tomber les barrières physiques et relationnelles. Permettre à une personne handicapée de s’exprimer par la danse, par le corps, c’est lui permettre de s’épanouir, d’apprendre, de dévoiler les richesses et l’authenticité à travers la différence. C’est aussi une porte ouverte vers l’intégration, le partage. Simone MARHUENDA
Association Appel du Geste Actuel
04.67.69.32.03
http://appeldugesteactuel.neuf.fr
Quand l'homme est là nu de tout artifice
Quand danser n'est autre que communiquer sans parole
Et qu'enfin l'absence des mots devient liberté de dire...
Quand handicap devient langages
alors rencontrer la différence élargit les possibles
des sens endormis par la monotonie de la ressemblance
Si il nous est donné de tendre l'oreille longtemps
vers des hommes et des femmes
que le hasard a obscurci
alors oui
la situation de handicap déploie d'autres ouvertures peu ordinaires.
Sandrine Godfroy
Chorégraphe auprès de personnes en situation de handicap
***
Aujourd'hui, samedi 23 juin,
à l'occasion des "Etats Régionaux du Handicap"
Sandrine Godfroy propose
autour de la place de la Comèdie à Montpellier :
cinq tableaux vivants.
En compagnie de danseurs, de musiciens, de comédiens, de conteurs
chaque tableau
est le fruit de la rencontre de la différence
où la singularité invente de nouveaux langages
propices à exister ensemble.
















