12 mai 2009
Paul Cezanne ( 1839 /1906 )

La montagne Sainte Victoire au-dessus de la route du Tholonnet 1896/98
Musée d'État de l'Ermitage St Petersbourg
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Devant la montagne Sainte-Victoire, que Cézanne a tant de fois peinte, nous vivons une expérience bien plus ample que le simple enregistrement d'une vision. Pour lui être fidèle, Cézanne se lance dans une quête longue et extraordinaire qui a ouvert la modernité. Pour des générations d'artistes, il est Moïse des temps justes. Il est "notre père à tous" selon Picasso, le "dieu de la peinture" pour Matisse, celui qui ouvre une nouvelle époque du monde. Les poètes , les philosophes, les musiciens apprennent leur métier en regardant ses tableaux. Il leur montre comment faire l'épreuve de l'écroulement de tous les canons et y découvrir une chance. Au lieu de se lamenter, il faut retrousser manches. On ne peut plus s'appuyer sur l'enseignement des religions, mais il est possible de faire confiance à notre instinct spirituel le plus profond.
"'Risquer la liberté"
Découvrir son chemin de Cezanne
Fabrice Midal
Seuil
09 mai 2009
La peur avec Fabrice Midal
Tous nos efforts pour cacher la fragilité de notre cœur et ne pas nous laisser bouleverser par la réalité ne font que nous enfermer dans une prison, que nous priver des sources de vie. Quelle incroyable nouvelle ! L'endroit où je suis le plus vulnérable, l'endroit de ma peur, de mon inquiétude, est le seul lieu où peuvent pousser les plus belle fleurs, où je peux advenir ce que je suis. Si le lotus, l'une des plus belles fleurs qui poussent en Asie, naît dans la boue, il en est de même pour la joie. Elle ne naît pas en étouffant notre cœur, en essayant de faire comme tout le monde, en osant jamais dire ce que nous ressentons - mais en ressentant la tristesse de la peur.
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L'art d'être humain nous apprend a
ne plus avoir peur de notre fragilité, à lui donner droit,
à laisser ouvrir notre cœur.
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02 mai 2009
La confiance avec Fabrice Midal
La confiance nous apprend la voie du Bouddha, ne se bâtit pas par l’accumulation d’expériences ou l’évaluation de résultats — comme on nous l’affirme trop souvent — mais sur la découverte bouleversante de sa présence en nous. La confiance ne s’achète pas. Elle n’est pas le fruit d’un effort, ou d’une promesse, mais une évidence qu’il nous faut reconnaître et accepter. Voilà la révolution que nous permet de découvrir la méditation. La méditation ne vise nullement à nous “calmer”, à éteindre la vie en nous, mais à nous faire entrer dans la confiance, nous permettre de reposer en elle, de la laisser nous porter. Et tel est précisément le sens authentique, si souvent galvaudé, d’une transmission spirituelle : nous montrer la simple évidence de cette disposition d’âme qu’est la confiance.
C’est surprenant. La confiance ne s’acquiert pas comme on peut acheter une bouteille de vin ou une voiture. Ni même comme on peut apprendre une langue étrangère ou le fonctionnement d’un nouveau téléphone portable. Non, la confiance ne se déploie qu’à celui qui s’ouvre à sa présence par un geste de détente, d’ouverture, de redécouverte de soi. Du reste, les enfants ne sont-ils pas pleins d’une confiance que nous avons peu à peu perdue ?
Ne nous rappellent-ils pas que la confiance est un état
premier ?
Rien, en vérité, ne nous fait défaut.
avec
Fabrice Midal
03 avril 2009
La Parole
Toute parole spirituelle
qui tourne le dos à la poésie et se fait discours,
nous
ment.
Fabrice Midal
http://www.fabrice-midal.org/
02 avril 2009
Fabrice Midal : La Méditation
La pratique de la méditation ne peut avoir aucun
but sans se nier elle-même.
Présenter la pratique de la méditation pour
diminuer le stress, être plus calme,
un meilleur amant et un employé plus
efficace
n’a rien à voir avec l’invitation révolutionnaire
qui fut celle du
Bouddha et que Chögyam Trungpa a transmis à l’Occident.
Règne à présent le
matérialisme spirituel sous une forme bien plus écœurante
que celle que dénonça
en son temps Chögyam Trungpa.
Le bouddhisme n’est plus qu’une sorte de tisane.
Bien rares sont ceux qui osent présenter la pratique de la méditation
comme cet
espace de gratuité entière
où apprendre à habiter authentiquement dans la
nudité du cœur ouvert.
http://www.fabrice-midal.org/bio.htm
30 mars 2009
Chögyam Trungpa ( 1939 / 1987 )
L’enseignement de
Chögyam Trungpa repose sur la conviction que le dharma
n’a pas besoin, pour être accompli, que l’on se sépare du monde pour s’établir
dans des monastères . Dans notre vie ordinaire, nous pouvons accomplir le chemin
que nous a montré le Bouddha . C’est même, expliquait-il, une chance, car
nous y sommes sans cesse confrontés à des difficultés diverses qui peuvent être
particulièrement bénéfiques.
Francisco Varéla eut
toujours la plus vive gratitude pour la radicalité, la sureté du geste de
Chögyam Trungpa : présenter le dharma sur une base indéniable.
Il explique ainsi :
« Dans cet énorme éblouissement et narcissisme du marché spirituel, marqué par le New-Age, l’esprit 68, Chögyam Trungpa nous invitait à revenir à une discipline qui était tout sauf pleine de glamour. Elle consistait en la chose la plus élémentaire : s’asseoir par terre et cultiver l’attention au présent ».
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Chögyam Trungpa
Une révolution bouddhiste
Ed du Grand Est
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29 mars 2009
Bouddha ( VIe siècle av. J.-C )
L'enseignement du Bouddha
est entièrement tourné vers la
transmission de l'espace,
cet espace présent au cœur de tout ce que nous
pensons, disons, faisons.
Ignorant l’espace et lui manquant d'égard,
nous nous retrouvons enfermés en
nous-mêmes comme en un tunnel,
prisonniers de la soupe moisie de nos pensées et
de nos émotions,
dans une claustrophobie que nous prenons pour la vraie vie.
Tout l'enseignement du Bouddha vise à nous libérer de cette claustrophobie
qui
nous empêche d'être pleinement humain.
Il nous transmet un état d’être,
ou plus
exactement il nous expose à cette dimension originelle
— ouverte et chaleureuse
—
où tout émerge.
Dimension que l’ego jamais ne peut s’approprier,
l’intouchable toujours présent.
L’enseignement du Bouddha, en particulier dans le tantra,
est cette
proclamation intrépide, ce rugissement du lion qui,
sans la moindre hésitation,
libère l’espace de toute saisie comme de toute conception.


















