01 avril 2009
Yvan Amar ( 1950 / 1999 )
Du renoncement à "CELA"
Suite à la radicale mise en question de son
cheminement « hors du monde »
par la « voie de la transcendance »,
Yvan Amar se
détermina, à une étape de sa quête,
à percevoir la réalisation, l’éveil ou
l’illumination, au sein du monde,
par « une voie de l’immanence où il était
possible de vivre le réel ».
A cet instant, j’ai senti que je prenais un risque immense, mais que je ne pouvais plus ni reculer ni faire demi-tour : le risque de quitter le chemin de la transcendance. Soudain, j’abandonnais mon image de grand yogi capable de faire le silence intérieur. Ce jour-là, je dis à Nadège : « je joue un coup de poker : je renonce à tout ce à quoi j’ai cru pendant toutes ces années. Mais je n’abandonne pas, je renonce seulement à une certaine façon de voir. Je vais peut-être redevenir celui dont je me moquais hier, un homme ordinaire qui regarde la télé, qui mange un steak, qui va au cinéma, qui fonctionne comme tout le monde. » J’ai ajouté : « C’est plus fort que moi, je ne peux pas faire autrement. » Et j’ai pris le risque de la vie, le risque de ne plus chercher au-delà. D’un coup je me suis défait de tout ce avec quoi j’avais fonctionné. Totalement, sans rien préserver, sans rien sauvegarder.
Cela s’est passé en trois jours, pendant lesquels j’ai senti progressivement quelque chose que je n’avais jamais senti depuis ma naissance. J’ai senti la vie. Je suis allé vers ce qui était là et j’ai senti que la vie entrait en moi. Ce sont des expressions toutes simples qui viennent à ce moment-là, mais elles sont absolues. J’ai senti que cette vie m’aimait, comme j’étais, tel que j’étais. C’était comme si elle m’attendait. J’ai alors compris pourquoi les grands mystiques parlent de la Mère divine : parce que ce sentiment d’amour de la vie envers nous, on l’éprouve dans l’amour absolue d’une mère ; on est dans les bras de la Mère divine. Aucune vision, aucune hallucination, c’était quelque chose de très simple, de concret et d’immédiat, qui me prenait à l’intérieur et que je reconnaissais. Je sentais que cette vie m’aimait. Au fur et à mesure que c’était ressenti, éprouvé, montait en moi une confiance impérieuse. Autant je me sentais auparavant en conflit, séparé, avec une peur constante, autant j’éprouvais alors une confiance absolue dans ce qui était, dans la vie. Ce qui m’est apparu immédiatement, c’est que cette confiance était ma nature : à la fois cette confiance et son objet. Cela n’a fait que grandir pendant ces trois jours, jusqu’au moment où s’imposa une confiance absolue dans tout ce qui était sans que ce soit un objet. Alors, tout a disparu : la Mère divine, Yvan Amar… Il n’y avait que Cela : une réalité absolue où n’existait plus ni division ni conflits, où seule existait l’évidence de l’être.
Yvan Amar, L’Effort et la Grâce, Albin Michel, 1999.
27 février 2009
Nadège Goyeneche Amar
*
Yvan Amar aimait nous dire :
"J'ai trois gurus,
Chandra Swami, Nadège et la maladie."
***
Nadège Goyeneche Amar
J'avais rencontré Yvan par hasard lorsque j'avais quinze ans.
Interpellée par ce jeune routard de dix-huit ans,
j'avais discuté une demi-heure avec lui
et une voix à l'intérieur de moi avait dit : « C'est lui ».
Quelques années plus tard, mariée à un autre,
je suivais les séminaires de Jean Klein,
que j'avais vu bien auparavant chez mes parents,
alors même qu'Yvan vivait et étudiait chez Jean Klein,
et c'est grâce aux filles de ce dernier
que m'a été présenté Yvan et que cette même voix,
à l'intérieur de moi, a dit : « C'est lui ».
Je ne m'étais plus alors posée de questions !
Ce qui nous avait immédiatement réunis, Yvan et moi, c'était l'évidence de Dieu,
l'évidence de cette quête.
Il lui aurait été impossible de vivre avec une femme
qui n'aurait pas partagé sa démarche.
C'est pour cela qu'il fallait qu'il m’emmène chez Chandra Swami.
Nadège Amar
( Propos recueillis par Anne de Grossouvre pour la revue "Terre du Ciel" )
Chandra Swami
14 février 2009
Yvan Amar ( 1950 / 1999 )
Jean-Claude :Yvan...
Yvan : Oui...
Jean-Claude : On dirait que le chemin de transformation passe par le fait de poser des actes.Qu’est-ce qui fait qu’un acte est transformateur ?
Yvan : Je
pense profondément qu’un acte est transformateur quand par cet acte là nous
sommes entrés dans un acte infini. Nous ne connaissons des actes que les actes
qui commencent et qui se terminent.
Qu’est-ce-que nous connaissons des actes?
Quand on parle d’un acte, c’est un acte qui a un commencement, un déroulement,
une fin et un résultat. Mais est-ce que ça, c’est vraiment un acte?
Il n’y a
qu’un seul acte c’est l’Acte de Dieu et qui consiste en fait à faire Dieu. Cet
acte là, il est obligatoirement infini. Un acte n’est véritablement
transformateur que lorsque qu’il n’a plus aucune cause et ni aucune
conséquence, donc qui est l’acte infini de transformation pour faire Dieu. Un
acte qui ne peut plus avoir aucun résultat. Poser cet acte là, c’est en fait
déposer l’acteur une fois pour toute.
Si nous poursuivons continuellement des actes
qui seront des actes significatifs sous prétexte que justement ils vont se
distinguer des autres et se traduire par des résultats, nous sommes encore dans
l’accumulation, nous sommes encore dans le règne de la quantité. Le règne de la
qualité ne connaît qu’un seul acte c’est l’Acte créateur de Dieu. L’Acte
créateur de Dieu, c’est faire Dieu, c’est rentrer dans le Faire Dieu. Cet acte
là n’a plus de commencement, n’a plus de fin et n’a jamais de résultat. Il est
transformateur parce qu’il est l’acte du Grandir Parfait. Il est l’acte du
Grandir du Monde. Il n’est pas l’acte d’un résultat, il est l’Acte
continuellement Acte. Dans la recherche des nouvelles formulations du Prologue par
Goethe, ou il reprend : « Au commencement était la Parole », il dit :"
Non, au commencement était la Force », il dit :"Non, au
commencement était l’Acte ». C’est dans le Faust de Goethe.
C’est l’Acte du
Serviteur, c’est l’acte de celui qui se confond avec la Loi avec la volonté du
Maître . Cet Acte là c’est la Loi. C’est l’obligation. La seule façon de poser
un acte dans cette voie là, un acte éminemment transformateur c’est de déposer
l’acteur. Il fut un temps ou on déposait les valises dans le train...
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Autour d'Yvan Amar
( septembre 1996 )
Merci Yvan.
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13 février 2009
Yvan Amar, Nasr Eddin et Tchouang Tseu
Yvan Amar avait une affection particulière pour Nasr Eddin.
On demanda un jour à Nasr Eddin :
- Nasr Eddin, est-ce que certains de tes étudiants
sont déjà parvenus à l'illumination ?
- Bien sûr. Beaucoup d'entre eux, répondit Nasr Eddin.
- Mais comment peux-tu en être certain ?
- C'est facile. Ils ont cessé de me suivre et de suivre quiconque,
ils ont cessé de parler sans cesse de «maîtres», d'«enseignements»,
de «spiritualité» et autres choses du même genre, et ils poursuivent
leurs vies libres des peurs et des faux-semblants.
***
Où trouver un homme qui a oublié les mots ?
C’est avec lui que j’aimerais
m’entretenir.
Tchouang-Tseu
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Pour Nasr Eddin, merci à Philippe Quinta
Pour Tchouang-Tseu, merci à Daniel Py.
Pour le coeur ouvert à l'infini, merci à Yvan Amar
03 février 2009
Les Editions du Relié
Pour honorer la mémoire de Yvan Amar
créateur des Editions du Relié.
Yvan Amar qui nous a accompagné jusqu'au dernier moment.
Les Editions du Relié.
BP 30 - 84220 Gordes - France - Tél : 04.90.76.72.25 - info@editions-du-relie.com
***
En 1992, Yvan Amar crée les Editions du Relié
avec le but de faire
connaître les enseignements spirituels contemporains
vécus par
différents témoins d’orient et d’occident.
Ces textes, véritables
sources d’inspiration et de compréhension
peuvent ainsi donner un sens
à la vie et aux relations humaines
et apporter un supplément d’âme à la
connaissance de soi et des autres.
***
Qui veut me suivre sur ce chemin là ?
Christ marche sur les eaux mouvantes,
mais les hommes préfèrent la terre ferme.
La foi pourtant accomplit ce miracle
Marcher sur le mouvant.
27 décembre 2008
Yvan Amar ( 1950 / 1999 )
ॐ
Il est caché
Dans le regard
Qui le cherche.
Il est présent
Dans le regard
Qui le voit.
Cherche, cherche partout,
Il est caché dans la recherche même !
Partout il faut aller le chercher !
Partout !
Et dehors, et dedans- et partout !
ॐ
"Les nourritures silencieuses"
les Editions du Relié












