V'Yvan

Derrière chaque arbre, chaque fleur, il est là,
Il nous Regarde, nous Sourit, nous Appelle...

 

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Mon 1er contact avec Yvan eut lieu le jeudi 3 déc. 1987, lors d’une rencontre organisée à Toulouse. Ce qui m’a profondément touché ce soir là ce fut son rire, si franc, sa joie, si pétillante, et son intelligence, à la fois fine, directe et percutante… Je ne l’ai plus quitté !

Sur le petit prospectus bleu annonçant la soirée, intitulé « De Vive Voie », il disait :

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« Cesser de projeter une image idéale, pasteurisée, de nous même ou d’un monde sans violence, à laquelle nous oblige la mode spirituelle ou politique que nous avons choisie, c’est permettre l’intimité avec ce qui est, ce que nous sommes maintenant. »

« Si l’instinct obéit à la morale du plaisir, si la raison obéit à la morale de la bonne conscience, l’Intuition Supramentale, elle, vient de la Vie même et n’a pas besoin de morale ! »

« Il existe indéniablement des Etres de Paix, d’Amour, de qui toute violence, toute peur semblent être absentes. Ils incarnent notre possible, tout comme nous sommes leur passé, même si dans leurs regards nous sommes déjà et éternellement leur présent. Quel chemin ont-ils ouvert qu’il nous reste à réinventer et à parcourir à notre tour ?

Comment de la violence devient-on Amour ?
Comment de la peur vit-on la Confiance ? »

« Cesser de se vouloir autre, s’accepter non seulement comme on est mais aussi comme on change, car la Vie est mouvance. Prendre le risque de se frotter, de se mêler à cette mouvance, de ne plus avoir de destination connue à l’avance, de s’abandonner à Elle… S’en remettre à la Vie permet de vivre de façon directe ce que la tête la mieux informée ne peut qu’à peine entrevoir :


Sentir de tout son être que cette Vie nous aime ! »

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De retour chez moi, je lui ai écrit ce petit poème :


Mort de soif
De sa prison de chair
De sa chère prison
Disciple moribond
Kamikaze un peu fou
A vrai dire prêt à tout
Pour goûter l’Eau de Là
Cherche Maître sourcier
A la patience d’Ange
Pour l’aider à tisser
En fils de Soi étranges
L’alchimique Cocon
De sa métamorphose
En homme papillon
A la conscience éclose
Butinant à l’orée
Du Jardin des Mystères
La Jouvence dorée
Du Réel de la Terre

Ivre de Vie

Et j’ai essayé de te suivre Yvan, de « travailler » et me laisser « travailler »…

« Obligation de conscience », « s’aimer sans image »,
« devenir disciple et non victime de la relation » …
Mon Dieu que ce fut difficile !

Et mon Dieu que c’est encore si difficile, en tout cas pour moi !

Quelquefois je me sens vraiment un très mauvais élève…

Tellement d’attentes, de prétention, de revendications,
de frustrations, d’incapacité à s’abandonner,
à être Oui à ce que la vie présente…

Tellement de besoin d’être reconnu,
d’être aimé, d’être libre, de désir d’être « utile »…

22 ans après cette première rencontre,
et après tant d’efforts et de travail, je me sens encore bien pris dans les filets de l’égo,
devenu « spirituel » bien sûr,
tellement incapable au quotidien de desserrer tous ces liens qui retiennent la joie,
qui retiennent la vie…

Tellement petit et démuni sur ce chemin fantôme
qui sans cesse disparaît sous mes pas et reparaît plus loin,
là où je ne l’attend pas bien sûr…

Quelle aventure !

Le 26 juillet 91, c’était la Fête du Gourou à Mo’Adim…

J’ai écrit à Yvan ce poème, en lui offrant un pain fait de mes mains :

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Je suis ce grain de blé
Infiniment meurtri
Je suis ce grain de sel
Séparé de sa mer
Et Cela me pétrit…
Je suis ce pain de chair
Que la souffrance cuit
Je suis ce pain de Vie
Sur la table du m’Etre
Et Cela je nourris…
Je suis ce cœur blessé
De l’infinie Blessure
Je suis ce cœur v’Yvan
De l’infini Amar
Et Cela je bénis…

Un jour béni, te souviens-tu Yvan, tout investi de Royauté tu m’as dit avec force :

« Appelle-moi, appelle-moi, appelle-moi ! »

Et depuis ce jour, Seigneur, je T’appelle, je T’appelle, je T’appelle …

Sans cesse

Bernard Boullet